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Tchad: Les enfants sont toujours recrutés par les rebelles et l’armée Par Ariane Nkoma - 16/02/2011

Le Gicam a un alter ego: Un nouveau mouvement patronal a vu le jour au Cameroun

Par Dipita Tongo - 18/02/2011
«Ecrire ensemble une nouvelle page de l’histoire du patronat», c’est sur ce thème que e-cam ambitionne d’accompagner les entreprises

 

Est-ce une revanche ?
Entreprise du Cameroun ne vient combattre aucune structure, cette phrase lâchée par Protais Ayangma ce jeudi matin lors de la 1ere Assemblée générale d’e-cam est révélatrice, c’est que l’ombre du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) a longtemps plané avant ces assises, parce que l’essentiel des membres fondateurs de ce nouveau mouvement patronal sont démissionnaires du Gicam, c’est pourquoi en qualité de président Protais Ayangma s’est voulu clair : e-cam vient enrichir le paysage de la représentation patronale, vous avez vu les chiffres il y a environ 90 000s entreprises et les organisations qui représentent les entreprises ne totalisent pas 500 personnes. Nous pensons qu’il faut densifier la représentation des employeurs…Ce n’est pas une revanche, j’étais déjà porteur d’une vision que j’ai essayé d’expliquer, n’ayant pas eu la possibilité de mettre en pratique cette vision et, encouragé par un certains nombre de chefs d’entreprises, nous avons pensé que nous pouvons mettre sur pied une alternative aux employeurs et je pense que le pari est réussi.

 

 

© Camereco.com
Lancement de E-cam, le 17 février à Douala

Les petites et moyennes entreprises et les petites et moyennes industries d’abord
Il ya un an que e-cam a été légalisé. Pour les organisateurs, cette Assemblée générale est aussi la première prise de parole d’un groupe d’entrepreneurs qui entend donner une autre tonalité à la représentation patronale au Cameroun. Bien plus, les membres de ce regroupement estiment que la naissance d’e-cam procède de la volonté de réunir le plus grand nombre d’entreprises, relever le niveau d’encadrement des Pme/Pmi en particulier, et à rassembler les différentes composantes de l’économie camerounaise, à savoir petites et moyennes entreprises et petites et moyennes industries, les grandes entreprises privées camerounaises, les filiales de multinationales, les entreprises parapubliques, l’entrepreneuriat féminin, les entreprises de la diaspora et les organisations professionnelles sectorielle peut on lire sur la plaquette de présentation. De ce point de vue on pourrait penser que e-cam se positionne par rapport au mouvement des entrepreneurs du Cameroun (Mecam), qui reclame à ce jour environ 200 membres.

Remodeler le patronat
Ecrire ensemble une nouvelle page de l’histoire du patronat c’est sous ce thème qu’étaient placés les travaux de ce matin, un évènement qui a permis à la kyrielle de chefs d’entreprise invités d’avoir des échanges avec les panelistes au rang desquels se trouvaient l’économiste Babissakana, le Dr Jean Marie Momo, expert comptable. Ils ont exposé sur le thème les entreprises du Cameroun face au document de stratégie pour la croissance et pour l’emploi (Dsce) et à la vision 2035. Comme pour donner son onction à cette initiative, le gouvernement s’est fait représenter par le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle (Minefop) et le secrétaire général du ministère du travail et de la sécurité sociale. Nous attendons beaucoup de ce regroupement parce que ce regroupement encadre le maximum d’entreprises dans notre pays. Le souhait est qu’on ait un maximum d’emplois dans ce secteur a déclaré Zacharie Perevet le Minefop. S’agissant de la mise sur pied de leur structure, les statuts de e-cam prévoient que les différents administrateurs seront élus par les membres du mouvement par voie de vote libre et démocratique, ensuite les différents membres de e-cam désigneront le commissaire aux comptes qui sera le garant de la reddition fidèle des comptes aux adhérents.

 

Union Africaine: Obiang Nguema, un président qui ne fait pas l’unanimité

Par Ariane Nkoma - 03/02/2011
Porté à la tête de l’organisation pour un an, les contestations se font déjà ressentir

 

Le président de la Guinée équatoriale, Theodoro Obiang Nguema Mbasogo, a pris lors du 16e sommet de l’Union africaine (UA), qui s’est déroulé du 30 au 31 janvier 2011 à Addis-Abeba (Ethiopie), la présidence de l'Union africaine (UA). Il remplace ainsi, et pour un an, le président malawite, Bingu Wa Mutharika, sur le fauteuil rotatif. Après avoir accepté la présidence lors de l'ouverture de la 16ème session ordinaire de l'Assemblée de l'UA, M. Mbasogo a déclaré que les signes d'instabilité constatés dans plusieurs pays africains constituent une menace pour la paix, la stabilité et la promotion des valeurs essentielles pour la cohésion au sein des pays membres de l'UA. Il s'est référé au thème du sommet « Vers une plus grande unité et une intégration par le biais de valeurs partagées » et il a observé que l'Afrique avait élaboré différents instruments pour promouvoir ces valeurs partagées.

Theodoro Obiang Nguema, militaire de carrière, a pris le pouvoir par les armes en 1979 en renversant son oncle, le président Francisco Macias Nguema, qu’il fera fusiller. Il dirige depuis d’une main de fer la Guinée équatoriale, petit pays d’Afrique centrale d’un million d’habitants, mais troisième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne. «Le règne d’Obiang sur la Guinée Equatoriale se caractérise par un bilan désastreux en matière de violation des droits de l’homme et de corruption qui, de fait, incarnent l’exact opposé de ce que l’UA cherche à promouvoir sur le continent», estime Aloys Habimana, de l’organisation Human Rights Watch. L’accession de M.Obiang à la tête de l’UA enverrait «tout, sauf un signal positif», ajoute-t-il. Dans son rapport 2010, l’ONG Transparency International fait figurer la Guinée équatoriale à la 168e place sur 178 pays en matière de corruption. Selon le Sénat américain, le président Obiang et son entourage auraient détourné une part significative des revenus pétroliers du pays.

 

© Liberation.fr
Obiang Nguema Mbasogo ici à la tribune des nations unies

La présidence de l’Union africaine est confiée à tour de rôle, pour un an, à l’une des cinq sous-régions du continent et le Sommet de l’UA entérine normalement le choix de la sous-région. Après l’Afrique australe en 2010, c’est au tour de l’Afrique centrale de prendre cette présidence tournante. Le président en exercice n’a qu’un rôle limité sur la destinée du continent et les décisions majeures de l’organisation se prennent lors des deux sommets annuels par les chefs d’Etat et de gouvernement. «Je n’attache pas grande important à la présidence annuelle de l’UA (...) Pour moi, c’est un peu plus qu’un poste honorifique», juge Désiré Assogbavi, officier de liaison du groupement d’ONG Oxfam auprès de l’UA. Toutefois, d’autres analystes soulignent qu’en dépit du rôle largement symbolique du président de l’UA, ce dernier incarne l’Afrique pendant 12 mois. L’organisation en est parfaitement consciente, elle qui a écarté en 2007 la candidature du président soudanais, Omar El Bechir, en raison notamment de la guerre du Darfour. Pour Rueben Lisuka, directeur de Transparency International pour la Zambie, l’UA pâtit d’un manque cruel de dirigeants dûment élus. «Il y a une pénurie de dirigeants africains crédibles. Nous devons en finir avec le mode d’élection du président en exercice de l’UA et inventer un mécanisme différent, qui permette à l’Afrique de se choisir une figure positive», estime M.Lisuka.

Une organisation africaine de défense des droits de l’Homme a exprimé son indignation après la nomination du chef de l’Etat équato-guinéen. Le Rassemblement africain de défense des droits de l’Homme (RADDHO) a affirmé que le choix d’Obiang Nguema Mbasogo allait sérieusement porter atteinte à l’image du continent africain et que le débat prévu par l’UA sur les valeurs démocratiques allait manquer de crédibilité. La RADDHO a rappelé que l’UNESCO a été obligé de renoncer au prix offert par Obiang Nguema à cette organisation, surtout à cause de « la situation catastrophique des droits humains en Guinée équatoriale ».
Aussi le pays ne fait pas de la place ni à la liberté de presse, ni aux organisations de la Société civile.

Tchad: Les enfants sont toujours recrutés par les rebelles et l’armée

Par Ariane Nkoma - 16/02/2011
Certaines de ces recrues n'ont que 10 ans. Amnesty International tire la sonnette d’alarme

 

Des milliers d'enfants continuent à être utilisés par les groupes rebelles mais aussi par l'armée dans l'est du Tchad et au Darfour (Soudan), souligne Amnesty International (AI) dans un rapport. « Les droits des enfants sont violés impunément de deux côtés de la frontière » tchado-soudanaise affirme le rapport sur les enfants soldats réalisé entre avril 2009 et octobre 2010. L'est du Tchad abrite des camps de réfugiés venus du Darfour, zone en guerre civile, ainsi que de Centrafrique, mais également des déplacés tchadiens, estimés globalement à 450.000 personnes. « Tous les acteurs impliqués dans le conflit à l'est du Tchad ont recruté et utilisent des enfants: L'armée nationale tchadienne (ANT) comme les groupes armés d'opposition. Des chefs communautaires de différents groupes ethniques utilisent les enfants dans des conflits violents communautaires », écrit AI. D'après l’organisation toujours, le « gouvernement tchadien a affirmé ne pas avoir de politique de recrutement d'enfants mais a admis leur présence au sein de son armée ». « Selon des chiffres des Nations unies de 2007, entre 7.000 et 10.000 personnes enfants ont pu être utilisés comme combattants ou associés aux groupes armés tchadiens ou soudanais ainsi qu'à l'armée tchadienne. Certains ont été enlevés ou recrutés par la force, d'autre ont rejoint pour venger la mort d'un proche, le vol de bétail ou simplement pour échapper à la pauvreté ou le manque d'éducation ou de travail », selon le rapport.
 

 


Certains de ces enfants ont 10 ans, selon Amnesty

Selon Amnesty international, environ 80% des enfants-soldats sont recrutés par des groupes rebelles et 20% par l'armée tchadienne. « Les enfants touchent entre 10.000 FCFA (15 euros) et 250.000 F CFA (380 euros) pour les recruteurs ». L'âge moyen de recrutement se situe entre 13 et 17 ans mais des jeunes de 10 ans ont été recrutés. Amnesty dénonce également «l’impunité » des responsables. « Il n'y a pas eu de poursuites pour recrutement ou utilisation d'enfants au sein de l'armée ou de groupes armés » et les responsables « bénéficient de l'impunité de leurs crimes », souligne t-il. L'organisation soutient aussi que le programme de démobilisation et de réinsertion pour les enfants enrôlés dans des forces et groupes armés, qui a été lancé en 2007 par le gouvernement tchadien avec l'aide de l'UNICEF, n'a pas eu les résultats escomptés. L'échec aurait été causé par le manque de moyens financiers, le tout aggravé par des facteurs comme l'extrême pauvreté, l'insécurité ambiante et la réticence des responsables politiques et militaires à entreprendre un processus de démobilisation. Amnesty International dit avoir interrogé plus de 40 mineurs qui décrivent la manière dont ils ont été forcés de rejoindre ces forces armées. Il est estimé dans ce rapport que jusqu'à un demi-million de personnes qui ont dû fuir leur demeure à cause des violences vit désormais dans des camps pour réfugiés ou personnes déplacées. Or, ces camps sont des lieux favorables au recrutement de mineurs, car les personnes qui s'y trouvent ont un accès restreint à l'éducation et ont peu de chance de se trouver du travail. Souvent également, ces personnes ont des proches qui sont impliqués dans les combats.

Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d'Amnesty international, estime qu'il est tragique de «voir des milliers de mineurs privés de leur enfance et manipulés par des adultes qui les entraînent dans leurs guerres». «Ces atteintes scandaleuses aux droits des enfants ne peuvent pas continuer», ajoute-t-il. De toute façon, Il faut mettre un terme au recrutement et à l’utilisation d’enfants dans les conflits armés, estime l’organisation.

 

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